PETIT DEJEUNER AU JOURNAL TELEX



Comme la chasse, la pêche fait partie des activités de l’être humain depuis toujours. Dans la plupart des pays dits civilisés, la différence avec les autres c’est que l’on ne chasse plus, ni ne pêche plus, pour se nourrir mais le plus souvent pour le plaisir. Je ne parle évidemment ni de la pêche industrielle, ni de la pêche commerciale en général. Alors forcément, à une époque où les écologistes de tous poils crient au massacre, ils oublient que les premiers à protéger la nature sont les chasseurs et les pêcheurs. Je ne rentrerais pas dans une polémique car je ne suis ni l’un ni l’autre, et je n’ai donc aucun intérêt personnel quand je dis cela.

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Par contre je connais des chasseurs et je sais que ce sont les premiers à protéger nos forêts, en collaboration avec les autorités de protection concernées. Aujourd’hui nous avons, autour de notre table de petit-déjeuner, des pêcheurs en eau de mer, du Club de Pêche Sportive d’Hyères, le CPSH. Il semblerait qu’en parallèle de leur plaisir, ils aient un discours tout à fait similaire. Dans la section « école de pêche » de leur club, ils enseignent avant tout le respect de la nature. Ils ont compris qu’en la respectant ils permettent ainsi aux futures générations d’en profiter encore longtemps. C’est une certaine idée du développement durable qui permet à chacun de s’y retrouver. Alors j’adhère, et je conseille même aux pêcheurs indépendants de se rapprocher de clubs de pêche pour y adhérer également et ainsi s’informer sur la bonne manière de pratiquer son passe temps favori.

Pascal Hermer

Jean-Paul Dudon, gérant de l’hôtel Triotel, La Valette, responsable du « Bord » au CPSH.

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Je pratique la pêche sportive du bord de mer. Il y a 3 pratiques du « bord » : en premier, le surfcasting, (en français : lancer dans la vague), une pêche au bord de la plage très technique, où on lance à plus de 100 mètres. Cela se fait avec de longues cannes de 4 à 5 mètres. On peut avancer dans l’eau avec des bottes mais on ne gagne pas vraiment de distance par rapport à une bonne technique de lancer. La seconde est dite « la calée ». Elle est un peu équivalente à la première mais se pratique d’une digue ou d’une roche. La troisième enfin est « la pêche au bouchon ».

Les trois techniques utilisent des appâts naturels, contrairement au Rock fishing par exemple, qui est une pêche au leurre. Cela se pratique en compétition, d’abord régionale, puis nationale et enfin internationale et ça dure entre 4 et 6 heures. Le résultat se fait au poids. Si l’on ramène plus de 3 kg de poisson, c’est déjà une belle pêche. En 6 heures, je ne m’assoie pas une seule fois et je change d’appât toutes les 10 minutes en moyenne ! Il y a aussi la pêche de roche qui dure moins longtemps. Les compétitions en équipes durent toutefois de 6 à 12 heures, et peuvent aller jusqu’à 24 heures. Le Championnat du Monde se passe cette année au Pays-Bas. Après une sélection nationale, les meilleurs français y vont. Dans ce sport, l’expérience et la technique sont primordiales. Si l’on connait les bons endroits et les bons moments, c’est un plus indéniable. En 10 ans le matériel a beaucoup évolué. Tout est devenu plus léger. Même les fils sont plus fins, plus discrets et plus résistants.

Edmond Blanchet, retraité, membre du club CPSH

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Ancien boulanger, je suis maintenant retraité et au club depuis 1990. Je suis né sur l’eau et j’ai toujours pratiqué la pêche. En activité, je manquais de temps mais maintenant j’ai du temps libre et j’en profite. Je m’occupe aussi de l’école de pêche. Je pars avec mon bateau, un autre moniteur, et 5 enfants. On leur fait découvrir notre sport. Nous y voyons de plus en plus de filles et elles sont très patientes. Nous aurions cependant besoin de subventions mais nous en avons de moins en moins.

A part le thon rouge, le thon est en libre pêche. S’il nous arrive d’en attraper un, nous le relâchons. A l’heure actuelle, il n’y a pas moins de poissons qu’avant, il est simplement plus au large. Par contre, nous voyons de nouvelles races apparaîtrent, comme le Barracuda et la Coryphène.

Vincent Gianetti, retraité, membre du club CPSH

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Je pratique la pêche depuis les années 70, avec une prédilection pour la pêche au large, comme la pêche au thon. J’ai commencé par « le bord » et, dès que je l’ai pu, je me suis acheté un bateau. Le mien fait 12 mètres et je pratique la pêche « à la traîne ». Les premières années je suis sorti jusqu’à 500 heures. Maintenant je fais environ 300 heures par an.

Le plaisir, c’est celui de la pêche, pas de ramener quelque chose. Si j’attrape un thon rouge, je le relâche, ce n’est pas grave. Le plaisir est là.

J’ai déjà participé aux championnats du Monde, mais c’est très fatiguant. L’année dernière, j’étais en Italie. Les Italiens sont très forts. C’est eux qui avaient gagné. Nous avions terminé 7eme.La différence entre les pêcheurs, c’est la technique … et un peu la chance. La compétition nous permet d’aller pêcher un peu partout dans le monde. Je suis allé dans les îles et au Mexique. Ma plus belle prise, je l’ai faite « à la traîne ». C’était un thon de 135 kg !

Pierre Alliot, retraité, membre du club CPSH

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Moi aussi je suis retraité. Avant, j’étais fournisseur pour les boulangers et les métiers de bouche. Je suis au club depuis 6 ans. J’ai un « pêche promenade » de 10 mètres. Je pêche « à la plombée » ou « à la traîne ». En général je pars à 10 miles des côtes ou plus. Ma plus belle prise, a été un thon de 30 kg. J’ai la chance d’avoir une femme passionnée. Pour nous, c’est un plaisir partagé.

Je vais vous raconter deux anecdotes : un jour, en piquenique, j’ai attrapé une dorade de 55 cm avec un bout de poulet fumé ! Une autre fois, j’ai aussi attrapé une mouette que j’ai relâchée dans de bonnes conditions.

Lorsque je pêchais sur Marseille, je pratiquais la pêche « à la pierre », c’est une technique très fine pour les « Sparidés ». Elle se pratique beaucoup sur Marseille. Mais dans la région de Hyères-Toulon je n’ai pas trouvé de postes pour ce genre de pêche. Si des amis pêcheurs connaissent, je suis preneur ! D’avance merci.

Louis Chabaud, agent de sécurité, membre du club CPSH

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Je pratique la pêche « au bord ». Une bonne canne coûte entre 300 et 600 €. Pour les compétitions, il en faut minimum 3. C’est donc un certain budget, d’autant plus qu’il m’arrive de passer jusqu’à 200€ d’appâts sur un concours. La pêche se fait surtout de nuit car les poissons se rapprochent de la côte. J’attaque souvent à 20h00 et cela dure toute la nuit. La pêche est un sport très peu médiatisé et c’est dommage. Il est difficile de trouver des sponsors

Gérard Crosetti, Président du Comité Régional de la Fédération Française des Pécheurs en Mer, trésorier du CPSH

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Je suis au club depuis 20 ans. Nous avons 3 activités principales : la pêche de bord, la pêche bateau traditionnelle et la pêche en haute mer, qui est l’activité principale du club, avec en annexe : une école de pêche pour les enfants à partir de 8-12 ans. Nous en avons accueilli près de 160 en 2011. Ces « écoles » permettent à ces jeunes de découvrir la pêche en respectant le milieu. A Hyères, nous travaillons avec les centres de loisirs de la ville et d’autres villes extérieures. Le Club a 85 adhérents. Avec les enfants, nous arrivons à 280 licences de pêche, tout confondu. Nous sommes le 2ème club de la région. Je suis aussi président du Comité Régional (PACA) de la Fédération Française des Pêcheurs en Mer (FFPM) qui regroupe environ 5.000 adhérents. La pêche, c’est aussi le côté convivial où l’apéro y a toute sa place. La pêche en mer est très réglementée, et plus particulièrement en ce qui concerne le thon.

En cas de contrôle, un contrevenant risque une forte amende, pouvant aller jusqu’a la saisie du bateau ! Nous sommes respectueux de l’environnement et conscients que nous devons laisser à nos enfants ce patrimoine fabuleux. C’est la raison d’être de notre école de pêche et le lieu où nous nous devons d’enseigner certaines valeurs.

Sur le plan sportif, le CPSH a organisé 2 Championnats d’Europe, plusieurs Championnats de France et Coupes de France. Nous avons un club des adhérents avec un très beau palmarès. Romain PETTAVINO, un jeune produit de l’école, s’est classé 4ème dès sa première sélection au Mondial, à 17 ans ! Agé maintenant de 21 ans, il a été champion de France, vice champion et champion du Monde de pêche bateau. Il fait partie des très bons, au sein de notre club.

Le nombre de membres, ainsi que notre agrément « Jeunesse et Sports », permet au CPSH de faire face financièrement, d’organiser de belles manifestations, et de maintenir – malgré tout les coûts – l’activité d’une école de pêche. La ville d’Hyères, son service des Sports, le Conseil Général et le Comité Olympique nous accordent leur confiance et nous aident financièrement. Nous les en remercions. Nous devons continuer nos actions, surtout dans la défense des intérêts de nos pratiques, afin de faire comprendre aux pêcheurs indépendants qu’ils ne pourront conserver leur plaisir de la pêche que dans la mesure où les associations sont affiliées à une fédération qui défend leurs droits. Notre site :

La conclusion de Jean-Pierre Gastebois

Aujourd’hui, nous n’avons que des champions. Bravo ! La pêche en mer est un vrai sport qui coûte de l’argent et qui est difficile à médiatiser. Vous avez un vrai respect du poisson et il y a plus de joie à l’attraper qu’à le ramener au bord. C’était un bon moment, un plaisir, que d’être avec vous et d’apprendre vraiment ce qu’est la pêche en mer.
Le C.P.S. Hyères, remercie tout particulierement Messieurs J.P. GASTEBOIS, Pascal HERMER (auteur de l'article), et l'ensemble des collaborateurs du Journal Telex  de nous avoir reçu a l'occasion de ce petit dejeuner-debat sur la pêche sportive en mer.

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